02.05.2012
De l'Italie Da Volpedo à l'Italie Benetton
Guiseppe Pelizza Da Volpedo (1868 - 1907) fut un peintre italien du courant social, voir par certains cotés naturaliste et usant de la technique dite « divisionniste ». Il peignit notamment une oeuvre majeure de ce courant, Il Quarto Stato / Le Quart-État (Galerie d'art moderne de Milan) (1901). Les années 80 appelées aussi les années fric, ou coke (pas la boisson) ou encore les années frimes sont aussi pour moi les années Benetton. Quand je cite cette marque c'es notamment concernant la "pub", cette ignoble chose, qu'on a hissé au niveau d'art quasi majeur pour mes contemporains. Ainsi cette fichue décennie fut également celle du sida et de la mort du punk pour laisser la place aux costumes taillés façon mauvaise science fiction oldies et couleurs criardes et vicieuses. Consommationde masse,préparation du temps de cerveau libre, et café pour tous le monde. C'était le début de la décérébration de masse. Un nouveau courant était né, celui de la médiocrité. Les 80's en Italie ont ainsi rendu hommage au peintre suicidé de chagrin pour son épouse, par cette affiche, cette réclame comme disaient alors mes parents.


21:27 Publié dans Peinture | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : guiseppe pelizza, italie, divisionniste, courant social, benetton, pub
27.04.2012
Les financiers commenceraient-ils à trembler? Marc Fiorentino
Marc FIORENTINO est un économiste apprécié qui n'est pas spécialement de droite et que vous pouvez voir régulièrement à la télévision. Son article ci dessous publié notament dans la Tribune est rév´lateurs de l´opisition de la Finace ionternationale et des intérêts des nations.
Marc Fiorentino : le 7 mai, la France sera attaquée !
Scénario-fiction ? Dés le lendemain de l'élection présidentielle, une fois François Hollande à l'Élysée, la Finance se vengera. Et ce n'est que quand le nouveau président fera un discours "pour rassurer les marchés financiers", et qu'il suppliera Angela Merkel de l'aider en lui promettant de ne pas toucher aux traités, que l'Allemagne interviendra.
Écartons tout d'abord le volet politique de cette anticipation. Je n'ai aucune arrière-pensée politique. Je ne milite pour personne, ni contre personne. Je voterai blanc. Mais c'est une réalité. Le 7 Mai, la France sera attaquée et mise à genoux. Dans la City et dans les plus grands hedge funds américains, c'est la veillée d'armes. On se prépare dans le calme, mais avec une détermination froide et inquiétante. Il faut dire que depuis que l'Allemagne a mis la zone euro sous tutelle, les "spéculateurs" s'ennuient. Du coup l'euro et les indices boursiers européens rebondissent. Même les dettes Italiennes et Espagnoles se placent sans problème. Quant à la France, elle n'a presque jamais été aussi bien que depuis qu'elle a perdu son Triple A avec des taux à 10 ans inférieur à 3%. Tout cela attriste le monde de la spéculation qui cherche un angle d'attaque. Heureusement il y a eu Le Bourget. François Hollande a fait une erreur magistrale lors de son discours. Un discours pourtant réussi qui lui permet aujourd'hui de surfer en tête sur les sondages. Pour gratter quelques points sur le dos de Jean Luc Mélenchon, François Hollande a déclaré la guerre à la finance, sa "seule ennemie". C'est un thème porteur depuis la crise de 2008. Les Français détestent les financiers et certains le méritent bien. Mais s'attaquer à la Finance avec un grand "F" quand on dépend des marchés financiers pour financer 1700 milliards d'euros de dettes et qu'on ne propose aucune mesure de réduction des dépenses publiques, c'est une grave erreur. Une bonne idée pour se faire élire mais une très mauvaise idée pour la France.
Si on en croit les sondages François Hollande sera élu. Le 6 Mai à 20h son visage apparaîtra sur nos écrans. Quelques heures plus tard à l'ouverture des marchés asiatiques, la Finance, à qui il a déclaré la guerre, va se venger. Et ce sera d'une simplicité enfantine. Les taux Français vont s'envoler. Les fonds spéculatifs, unis, vendront la dette française à découvert. Sans pitié. Et même avec un certain plaisir. On montera jusqu'à 4.5% sur les taux à 10 ans Français. L'euro sera sous pression. Sous forte pression.
Alors, me direz vous, ce n'est pas possible. L'Allemagne ne laissera jamais la France se faire attaquer. Malheureusement si. Car non seulement, par populisme, François Hollande s'est attaqué à la Finance, avec un amalgame entre les petits épargnants et les fonds spéculatifs, entre le guichetier de la banque du quartier et le patron d'une banque de la City, mais il s'est également attaqué à Angela Merkel. Il va « rééquilibrer » la relation entre la France et l'Allemagne, il va expliquer à l'Allemagne que nous ne sommes pas aux ordres de Berlin, il va même redemander une renégociation des traités.... : un crime de lèse majesté pour Angela Merkel. Le 7 Mai, quand la France sera attaquée, l'Allemagne ne bronchera pas. Lors de la visite de François Hollande à Berlin, Angela Merkel promettra un sommet européen de la dernière chance sans fixer de date. Elle le laissera affronter seul les fonds spéculatifs. Et ce n'est que quand François Hollande fera, la mort dans l'âme, un discours "pour rassurer les marchés financiers", et quand il suppliera Angela Merkel de l'aider en lui promettant de ne pas toucher aux traités, que l'Allemagne interviendra. On ne s'attaque pas à la Finance et à Angela Merkel pour gagner quelques électeurs quand on n'a pas les moyens de ses ambitions. François Hollande devrait relire l'Art de la Guerre de Sun Tze et ne pas déclencher une guerre qu'il ne pourra jamais gagner.
Le 7 Mai la France sera attaquée.
Par Marc Fiorentino, MonFinancier.com - 06/02/2012, 20:35

15:05 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : marc fiorentino, francois hollande, nicolas sarkozy, angela merkel, fiance, crise, dette, triple a
26.04.2012
L´oraison funèbre - Périclès
PERICLES, cet immense homme d´état athénien est considéré comme le plus grand promoteur de la démocratie en son temps, mais également du notre. C´était aussi un stratège d´origine aristocratique mais viscéralement attaché à la notion de peuple, de loi, et de liberté. Nous pouvons voir en lui le symbole et l´héritage culturel de notre Civilisation Occidentale. Lors de son Oraison Funèbre, prononcée en 430 av. JC peu avant le début de la guerre et dont le texte est présent dans Histoire de la guerre du Péloponnèse, écrite par Thucydide, le grand historien contemporain de Périclès. Lors de cette oraison, il prononça des paroles qui résonnent encore plus justement 2500 ans plus tard. Parmi celles-ci :
XXXVI. - "Je commencerai donc par nos aïeux. Car il est juste et équitable, dans de telles circonstances, de leur faire l'hommage d'un souvenir. Cette contrée, que sans interruption ont habitée des gens de même race, est passée de mains en mains jusqu'à ce jour, en sauvegardant grâce à leur valeur sa liberté. »
Périclès commence par rappeler aux athéniens la raison de leur fierté envers leur cité et leur culture.
XXXVII. - "Notre constitution politique n'a rien à envier aux lois qui régissent nos voisins ; loin d'imiter les autres, nous donnons l'exemple à suivre. Du fait que l'État, chez nous, est administré dans l'intérêt de la masse et non d'une minorité, notre régime a pris le nom de démocratie. En ce qui concerne les différends particuliers, l'égalité est assurée à tous par les lois ; mais en ce qui concerne la participation à la vie publique, chacun obtient la considération en raison de son mérite, et la classe à laquelle il appartient importe moins que sa valeur personnelle ; enfin nul n'est gêné par la pauvreté et par l'obscurité de sa condition sociale, s'il peut rendre des services à la cité. La liberté est notre règle dans le gouvernement de la république et dans nos relations quotidiennes la suspicion n'a aucune place »
Pour Périclès, l´égalité, la liberté, et la méritocratie sont des éléments fondateurs d´Athènes, qu´il considère comme « l´école de la Grèce ».
XXXVIII. - "En outre pour dissiper tant de fatigues, nous avons ménagé à l'âme des délassements fort nombreux ; nous avons institué des jeux et des fêtes qui se succèdent d'un bout de l'année à l'autre, de merveilleux divertissements particuliers dont l'agrément journalier bannit la tristesse. »
Encore une fois il témoigne d´un soucis constant du bien être du peuple. Nous sommes frappés par la proximité de pensée du stratège athénien et de notre culture. Pour lui, il est clair que la vie dans la cité doit provoquer un bien être passant par le plaisir entre les individus et il sera l´atout majeur de la culture dans la cité athénienne et développera l´apport des artistes présents à ses côtés tels des Sculpteurs, des Philosophes, des Auteurs de tragédies.
XXXIX. - « Nous fondons moins notre confiance sur les préparatifs et les ruses de guerre que sur notre propre courage au moment de l'action. En matière d'éducation, d'autres peuples, par un entraînement pénible, accoutument les enfants dès le tout jeune âge au courage viril ; mais nous, malgré notre genre de vie sans contrainte, nous affrontons avec autant de bravoure qu'eux des dangers semblables. »
Il exalte la force du peuple athénien sans faire l´éloge de la brutalité et de la Guerre des ruses. Sans raison de faire la Guerre, les athéniens possèdent l´arme la plus destructrice pour leurs ennemis, « la bravoure ».
XL. - « Nous savons concilier le goût du beau avec la simplicité et le goût des études avec l'énergie. Nous usons de la richesse pour l´action et non pour une vaine parade en paroles. Chez nous, il n'est pas honteux d'avouer sa pauvreté ; il l'est bien davantage de ne pas chercher à l'éviter. »
La culture est toujours présente mais également la bravoure au quotidien. Le guerrier rappelle l´importance de la « simplicité » que doit témoigner le citoyen ainsi que de son ardeur à étudier. Il n´est pas pensable pour lui d´évoluer dans une société où le peuple serait laissé inculte, et sans le devoir de s´instruire, c´est pour les athéniens, une très grande fierté : « Voici donc en quoi nous nous distinguons : nous savons à la fois apporter de l'audace et de la réflexion dans nos entreprises. Les autres, l'ignorance les rend hardis, la réflexion indécis. »
XLI. - « Nous avons forcé la terre et la mer, entières, à devenir accessibles à notre audace, partout nous avons laissé des monuments éternels des défaites infligés à nos ennemis et de nos victoires. Telle est la cité dont, avec raison, ces hommes n'ont pas voulu se laisser dépouiller et pour laquelle ils ont péri courageusement dans le combat ; pour sa défense nos descendants consentiront à tout souffrir. »
En effet, à cette époque, Athènes n´éclaire pas le monde uniquement par sa culture, son modèle de société et ses philosophes, mais également par sa puissance militaire acquise par les connaissances scientifiques et stratégiques sur terre comme sur mer. Leurs victoires sont écrasantes, même s´il avait rappelé peu avant qu´Athènes peut également connaître ci et là des défaites mais dont ses ennemis ne se vantent guère du fait du contingent déployé sur ces terrains. Il termine par le rappel du devoir de tout bon athénien voulant conserver sa liberté et le souvenir de ses valeureux aïeux.
XLIII. - « Pour un homme plein de fierté, l'amoindrissement causé par la lâcheté est plus douloureux qu'une mort qu'on affronte avec courage, animé par l´espérance commune et qu'on ne sent même pas. »
Sont ici soulignés l´esprit de liberté qui animait leurs aïeux, et la défense de leurs valeurs communes. Individu et esprit de société sont soulignés comme étant interagissant, les sentiments de l´individu ont un destin commun à l´espérances de tous les citoyens. Nous ne sentons pas ici la hargne guerrière où règne souvent le lavage de cerveau de certains peuples envahisseurs usant pour « motiver » leurs troupes de stratagèmes psychiques empreint de peur. Ici tout est dans la réflexion personnelle matérialisée dans sa finalité par une réflexion de groupe.
Le dilemme de Périclès datant d´environ 2500 ans est celui de tous les peuples libres de l´Histoire, et à fortiori de l´Occident et dans des temps très présents :
· Comment montrer les bienfaits de la Liberté, qui semblent malheureusement être des acquis (droits)? Les droit n´étant qu´une création moderne et ne trouvant ses fondements que dans l´esprit des lumières sous tendant la révolution de 1789. Les droits de l´Homme en étant sa matérialisation.
· Comment faire comprendre aux citoyens la nécessité de consentir à des sacrifices (devoirs) au nom de cette Liberté. Les devoirs valent également comme modernismes, on ne peut à cette époque véritablement parlé de « devoirs » cependant l´impact d´une telle pensée est plus vivace aujourd´hui 25 siècles plus tard. « Devoirs » renverraient vers une image christianisée de l´Homme ici bas.
· Comment une société ou ses concitoyens bénéficient des plaisirs de la vie privée peut elle mettre en échec d´autres sociétés plus guerrières, plus belliqueuses, plus menaçantes et dont les combattants désirent plus ardemment que jamais mourir dans leur combat pour des raisons obscures? Enfin, après le terreau des « droits et devoirs », une certaine idée du libéralisme peut être perçue au travers de ces mots, même si encore ce genre d´anachronisme n´est pas toujours pertinent.
Périclès est contemporain de Platon, et les notions de République, Démocratie et Citoyens sont passablement différentes des acceptions contemporaine, on estime à environ 10% de la population athénienne comme étant des « citoyens » donc directement intéressés par la démocratie, les autres étant des femmes, des esclaves ou des métèques. Platon explicitera l´organisation de la société ou cité dans sa République. Par contre la division de cette société reste tout à fait pertinente dans ses 3 groupes que sont les Oratores (politiques, rois, gouverneurs, religieux…), Les Bellatores (guerriers qui maintiennent les groupes À leurs places), et les Laboratores (ceux qui produisent). Je reviendrais dans un post consacré à Alain Soral et son livre Comprendre l´Empire sur ces distinctions.
Buste de Périclès
494 av JC Athènes, 429 av JC Athènes
« Que la gloire des vôtres allège votre peine ; seul l'amour de la gloire ne vieillit pas et, dans la vieillesse, ce n'est pas l'amour de l'argent, comme certains le prétendent, qui est capable de nous charmer, mais les honneurs qu'on nous accorde. »
Périclès, Oraison Funèbre, XLIV, 430 Av JC.
09:36 Publié dans Civilisation | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : périclès, démocratie, république, citoyens, platon, civilisation
20.04.2012
Sur la télévision - Pierre Bourdieu - 1/2
Ce petit opus tiré d´un enseignement qu´il a voulu téléviser pour illustré son contenu fut enregistré par le Collège de France ou l´auteur fut professeur de sociologie en 1981. Son maître fut Raymond Aron, avec qui il rompt après Mai 68. Il est entre autre agrégé de Philosophie. Ses références philosophiques sont constantes et font sens à chaque fois. Il constituera tout au long de sa carrière un corpus sociologique et philosophique impressionnant et de référence. Il développe des concepts tels que celui de l´Habitus. Fils d´ouvrier agricole, comme un autre philosophe avec qui il possède quelques accointances intellectuelles, Michel Onfray, sa pensée se trouvera bien évidemment imprégné de cette éducation ouvrière. Penseur très apprécié également en économie, comme tout intellectuel agissant et percevant la polémique comme moyen d´échanger et de diffuser une pensée, le dernier Bourdieu décrivant l´objet télévisuel, ses effets et ses moyens, se verra finalement dans la fin de sa vie ostraciser comme intellectuel pamphlétaire, revenant ainsi à le tuer intellectuellement. Il est cependant l´un des plus grands penseurs français contemporains, et ses notions ou concepts tels celui de "champs" sont désormais inscrits dans la pensée collective française.
Mon premier contact avec l´auteur le fut lors des cours de sociologie en 1ère et Terminale où l´auteur était véritablement utilisé comme base intellectuelle du trotskisme light que chaque élève de lycée retrouve chez les professeurs d´économie et de sociologie. Son opposition de principe à Boudon ressemblait dés lors aux dialogues de Platon où l´un était l´idiot et l´autre celui s´inscrivant dans la vérité. Le vilain pour mieux souligner l´intérêt de l´auteur de ces petits jeux dialectiques. Je redécouvre l´auteur grâce au journaliste dissident Pierre Carles, disciple intellectuel du professeur. Sur la Télévision s´inscrit dans le cycle du dernier Bourdieu dit "pamphlétaire", qu´on pourrait plutôt juger « mature ». Je recommande ce petit livre " rouge" à toute personne ayant était mise en contact avec cet objet qu´est le poste de télévision, donc à chacun d´entre nous. J´ai donné ma télé il y a trois ans de cela et son analyse me paraît d´un justesse et d´un profondeur qu´on ne peut ignorer, car elle nous touche, directement ou indirectement. En effet il décrit:
· le caractère privé des annonceurs transformant par ce fait l´objet comme un média lié au marché.
· la violence symbolique intrinsèque qui s´exerce avec la complicité tacite de ceux qui la subisse et l´exerce sans souvent le savoir.
· les mécanismes cachés car trop montrés
· les faits divers trop nombreux, en effet il souligne que dans le monde télévisuel la denrée la plus rare est le "temps". Il rappelle pour mieux mettre l´emphase sur le phénomène que 50% des gens ne lisent aucun quotidien. La TV écartant dès lors l´information importante et nécessaire que devrait posséder le citoyen pour exercer ses droits.
· La TV montre de façon « cachante », c´est à dire que l´on montre d´une manière qui décompose ou d´une manière modifiant le sens vrai.
· Il introduit le concept de « catégories » et des « structures invisibles » en utilisant l´analogie des lunettes. Faisant qu´un journaliste trouvera la priorité d´une information selon son propre spectre, qui de façon inconsciente est guidée par les différentes contraintes du marché ou du « champ » auquel il appartient.
· La contrainte de la concurrence inhérente au modèle de TV moderne amène à faire des choses, mais introduit aussi la mentalité de l´audimat qui traduit la logique du succès commercial. L´audimat engendre également l´urgence, véritable le parangon de la logique du spectacle.
· Ainsi le camp retranché de la Revue de Presse est le bon exemple du fonctionnement des métiers de la TV: être dans le coup, se démarquer et illustrer par l´exemple vécu du journaliste clamant dans un élan de fierté " on a niqué TF1", Bourdieu parlera d´un différentiel de sens imperceptible par le spectateur moyen. D´où la notion de "Champ"
· L´audimat est en effet dans son analyse "le Dieu caché". Ses apôtres, les journalistes, évoluant ainsi dans un cercle de l´information entre médias et conditionnés selon les catégories de perception étrangères à ceux à qui les subissent, c´est à dire nous.


"C'est là que la critique simpliste est dangereuse : elle dispense de tout le travail qu'il faut faire pour comprendre des phénomènes comme le fait que, sans que personne ne l'ait voulu vraiment, sans que les gens qui financent aient eu tellement à intervenir, on a ce produit très étrange qu'est le "journal télévisé", qui convient à tout le monde, qui confirme des choses déjà connues, et surtout qui laisse intactes les structures mentales"
15:05 Publié dans Sociologie | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : pierre bourdieu, médias, champ journalistique
15.04.2012
Morin & Hessel par Jean Jacob - Extrait paru sur le Ring
"Le résultat de leur idylle (Morin et Hessel - NDLR) éditoriale est pourtant consternant. Dans Le Chemin de l’espérance (Paris, Librairie Arthème Fayard, 2011) paru fin 2011, le volontarisme de l’un a été émoussé par le syncrétisme sirupeux de l’autre. On y parle donc de complexité, de terre-mère, de symbiose, de politique de civilisation, de bien-vivre, de soleil, de tout et de rien. En définitive, on pourra ainsi penser qu’Edgar Morin est un peu au capitalisme ce que le Crédit coopératif est à la Banque populaire : son motif de consolation et de justification. Aussi ne sera-t-on pas trop étonné de le voir plébiscité dans des journaux moralisants comme La Vie, La Décroissance, Silence... et passer dans des émissions dominicales. Le vieux penseur aurait-il enfin trouvé son rayon ?"
Jean Jacob - Le Ring.

11:03 Publié dans Ailleurs | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : morin, hessel, la voie, mondialisme, le ring
16.03.2012
L'art d'ignorer les pauvres - 3/3 - Laurent Cordonnier
"Lorsque la mort de Keynes fut décrétée par l’académie, vers la fin des années 1970, et que ‘ambition d’édifier un welfare state fut conviée à lui faire cortège jusque dedans sa tombe, la vision du monde qui s’y substitua fut baptisée workfare. L’idée revint en force que, pour secourir les pauvres, mieux valait ne pas les aider. Le welfare state fut en effet jugé coupable d’avoir tissé un réseau d’institutions trop protectrices pour le salariat, les chômeurs et les pauvres. Cela suffisait presque à expliquer tous les maux dont souffraient les économies occidentales à la fin des « trente glorieuses»"
En lisant L´Art d´ignorer les pauvres de Galbraith, dans l´édition du Monde Diplomatique il y a un article de Laurent Cordonnier, économiste qui a travaillé sur la même problématique libérale qui concerne la paupérisation de la population. Il a surtout tenté ici de réaliser un listing des stratégies du système capitaliste dans lequel nous sommes tous plus ou moins acteurs et qui suivant le postulat de Galbraith (rappelé dans un post précédant) insiste sur l´utilisation des pauvres afin de faire fonctionner un système qui se veut par essence inégalitaire et qui n´a pas le projet de gommer ces inégalités, bien au contraire.
11:34 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : laurent cordonniers, galbraith, keynes, welfare state, marx, capitalisme
09.03.2012
Le Viel homme et la mer - Ernest Hemingway
Le vieux Santiago habite Cuba, il est pécheur, mais ne rapporte guère de poissons ces derniers temps. 54 jours sans prise. Il est pauvre, et sa seule compagnie est le jeune Manolin, le petit garçon qui a trouvé chez le vieux Santiago un père, un grand père, et le maitre avec une touche de chaleur humaine. Il apprend à pécher avec lui, mais ses parents ne sont pas convaincus par son copinage. Santiago décide au 85ème jour de partir pécher seul. Cette fois-ci il va braver durant trois jours le combat de sa vie, un superbe espadon. Il sortira vainqueur. Mais sur le chemin du retour il épuisera ses forces, son couteau, sa quille, un arpon afin de protéger sa prise des requins qui finiront quand même par le dévorer lui laissant la tête, son épée, la queue et les arêtes.

Hemingway, mordu de pêche, écrivain nobélisé en 54 après cette nouvelle qui sera son dernier ouvrage, finira par se tirer une balle dans la tête en 61. Il était malade mais à cela il faut ajouter que son père s´est lui-même donné la mort, ca n´explique pas mais on peut admettre que ca conditionne, disons que ca permet d´envisager cette solution, disons comme une sortie « viable ». Il reste tout de même un personnage sublime de la littérature, un ange chassé du paradis ouaté des écrivains de salon. Il est aussi ce qu´on aurait coutume d´appeler un salaud. Pourquoi un salaud ? Parce qu´il a vécu ce que tout homme aimerai vivre, c´est À dire une existence concrète, complète, et sans chiqué. Bien entendu une vie d´alcoolique, de baroudeurs, de guerre en guerre, journaliste à ses débuts (l´inverse est rare) il participera à la guerre d´Espagne, puis rentrera dans Paris avec la division Leclerc. Donnera ses lettres de noblesse au bar du Ritz, alimentera la légende de la genèse du bloody mary, grande gueule, bagarreur, en un mot un écrivain « virile ».

Le vieux Santiago c´est peut être le capitaine de son bateau pour la pêche en haute mer, mais c´est aussi peut être le vieux Hemingway qui part se battre seul contre les turpitudes la vie, contre les femmes, qu´il aime et qui le malmènent, le ballotte, lui laisse des marques et il se bat et se débat (« struggle with life »). Le Viel homme et la mer est un chef d´œuvre car il est profond comme la mer cubaine, mais doux comme ses alizés. Il vous laisse un gout de sel à chacune de ses pages. Récemment j´entendais une polémique sur la traduction par l´académicien et feu Jean Dutour. J´avais acheté la version bilingue, c´est à dire l´original page de gauche, la traduction page de droite, et je n´ai pas vue d´erreur manifeste, c´est à dire que l´esprit est joliment travaillé dans le respect de l´auteur. Mais soit, le style en anglais (comme en français) est simple, direct, pas de fioriture, un style pure, avec les quelques mots en espagnol qui viennent saupoudrer avec délicatesse cette petite friandise caramel à la fleur de sel. Pour tout dire j´aime les romans de mer et de marin, tout comme leurs tableaux, car ils sont pour moi la quintessence du combat de l´Homme contre son destin, non pas comme contre la nature, mais contre lui-même, la mer c´est aussi la Mère, celle qu´on apprivoisera pas car ce n’est pas le sujet, c´est une question de respect, d´attention, d´écoute, d´humilité, de joie, et d´espérance pour une terre qui vient et qui fera peut être de nous quelqu´un d´autre, un autre homme, le premier, ou le dernier. Entre le purgatoire et l´enfer. Entre deux terres a´l´encontre des deux eaux. J´avais chroniqué Jack London et son Loup des mers (Sea Wolf) ici même où tout en étant complètement différent dans le style, l´époque, les hommes, l´esprit du reste en est le même. On ne triche pas avec la mer, on se découvre tel qu´on est vraiment au fond de soi. Ca surprend, ca déçois, ca fait mal, mais celui qui prend la mer découvre deux acmés. Le premier est l´excitation lorsque l´on quitte le rivage pour mettre le pied sur l´embarcation, là on change de peau, ensuite le deuxième moment est bien sûr lorsqu´on met le pied à terre. Une fois débarqué, on ne pense qu´a rembarqué. Une fois le pied posé sur la plage, on est plus fort, tout est plus clair, tout est évident, les sens sont à nouveau en alerte. On perd notre vie à marcher, et ceux qui l´a gagne en marchant sont appeler des péripatéticiens. Je n´ai jamais pensé de la même façon que sur la mer, calme blanc ou forte houle, l´humilité que nous procurent les tonnes d´eaux qui nous plongent dans un désert de sel nous offre la merveilleuse occasion de réfléchir comme un Homme, la créature vile et rampante est restée à quai, le poisson qui sommeille en nous a refait surface à cette occasion. Il suffit pour cela de regarder une photo de Tabarly pour comprendre ce que j´exprime ici. Le Viel Homme et la mer est bien l´histoire d´un combat homérique et biblique, et Hemingway nous montre là son gout pour la victoire dans l´échec, de l´homme dans la souffrance mais au-delà il y a le succès dans le combat entre Santiago et le poisson, qui devient la prise de guerre attachée à sa barque, puis son ami, celui à qui on se confie, puis celui qu´on défendra contre les requins quels qu´ils soient, enfin le retour au port où l´on comprend que ce qui reste en fin de compte c´est le souvenir sur ses mains écorchées d´un long chemin, c´est l´effort pour braver le destin. Car c´est le chemin qui compte par-dessus tout, le but n´est qu´accessoire, fusse-t-il la mort.

16:35 Publié dans Roman | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : le viel homme et la mer, ernest hemingway, jean dutour, mer
07.03.2012
Le chemin de l´espérance - Morin & Hessel
Le chemin de l´espérance est un mignon petit livre que je qualifierais donc de fascicule. En effet l'ouvrage est publié chez Fayard, 2011, 5€, que j'ai acheté dans un relais à l´aéroport de Nice direction Copenhague. En gros je m´envole vers la nation de Kierkegaard avec les « nouveaux penseurs Français » en poche. Le bouquin fait 64 pages dont 53 de texte. On sent bien que pour Fayard c´est l´occasion de tenter un coup à la « Indignez-vous ! Simplement sur le nom de Hessel. Et c´est bien marketé car la teneur est en tout point similaire, peut être un peu plus dense, quoique. Cependant je n´ai pas l´impression qu´ils aient obtenu chez l´éditeur satisfaction d'un point de vue "revenue". Le chemin de l´espérance au-delà d´un titre, il faut bien le dire « niait », est rempli de joyeuses considérations sur comment changer la France mais aussi le monde. Ambitieux me direz-vous ? Et pas qu´un peu répondrais-je ! Car nos deux chérubins, les sus-nommés Morin et Hessel, nous font un inventaire à la Prévert sur les dérives d´un société matérialiste, égoïste, suivant aveuglément les tendances du marché, délivrant son lot d´injustices et de souffrances et qui au bout du compte devrait nous amener, si on ne change pas le monde, au fascisme des heures les plus sombres (etc) et aux camps de la muerte. Mais j´ai bien tort de parler de Prévert et de ses inventaires, car nos deux Dupont et Dupond de l´antroposociologie philologique ne font pas qu´admirer le monde merdique que leur génération a contribué à (dé)générer, mais je n'associe pas directement les deux auteurs, et ils proposent ou offrent des solutions, et pas des mesurettes à la jupette, oh que non ma pt´ite dame, du lourd et du technique. Ici les quelques mots au dos du fascicule qui résument la feuille de route de nos deux aventuriers des neurosciences...
« Notre propos est de dénoncer le cours pervers d’une politique aveugle qui nous conduit aux désastres. Il est d’énoncer une voie politique de salut public. Il est d’annoncer une nouvelle espérance. »
On pourrait même à partir de cela donner le plan d´un devoir de seconde en trois parties :
1. Je relève les travers d´une société inhumaine
2. Je propose un objectif, une direction, un eldorado
3. J´explique le déroulement de la stratégie de façon concrète

Edgar Morin - Stephan Hessel
Se dessine tout même derrière cet ouvrage le souhait pour une sortie de piste en beauté d´un mondialisme (ou globalisation) sans nation, un seul peuple métissé et un grand marché mais qui serait à visage humain. Brefs quelques morceaux choisis valent mieux qu´un grand discours :
- La France ne vit ni en vase clos ni dans un monde immobile.
- Nous pouvons formuler la grande, la longue et difficile voie vers une Terre-Patrie qui engloberait et respecterait les patries, dont la nôtre, ce qui commanderait le dépassement des souverainetés absolues des États-nations face à tous les problèmes globaux de l’ère planétaire, tout en respectant pleinement, par ailleurs, dans les autres domaines, leur souveraineté.
- La possibilité d’une Terre-Patrie, laquelle, répétons-le, loin de nier les patries singulières, les engloberait.
- Le libéralisme économique a provoqué plus d’appauvrissements que d’enrichissements.
- Il nous faut sauver notre Terre-mère. Nous proposons de perpétuer et de développer tout ce que la mondialisation apporte d’intersolidarités et de fécondités culturelles.
- Opérer la synthèse du meilleur de toutes les civilisations. L’idée d’une telle symbiose des civilisations devrait refouler définitivement l’idée d’un choc ou d’une guerre de civilisations. D’où le rôle que devrait se donner la France en prenant la tête d’un mouvement pour une « politique de civilisation » qu’elle commencerait par appliquer dans son propre cadre national.
- Par ailleurs, tout en sachant que la grande métamorphose ne saurait advenir que par le développement d’un processus multiforme, nous pouvons ores et déjà proposer aux nations une gouvernance mondiale qui non seulement réformerait et refonderait l’Onu, mais créerait des instances planétaires de décision pour les problèmes vitaux 5ue sont la prolifération des armes de destruction massive…
- La France républicaine, laïque, sociale, avait refoulé au second rang une France réactionnaire, fermée, xénophobe, raciste et autoritaire.
- S’il nous faut une nouvelle résistance ce n’est pas contre un occupant étranger. Mais contre le mal intérieur qui ronge la nation.
- Les jeunes délinquants sont encore à un âge plastique où il est de notre devoir de favoriser les possibilités de réhabilitation et de rédemption. Nous considérons en particulier les immigres non comme des intrus à rejeter, mais comme des frères issus de la misère.
Et enfin la solution proposée :
« Nous proposons de créer des Maisons de la Fraternité. »
Il ne manque plus que la méthode pour conquérir la bravitude et tout est dit. Merci Messieurs, il fallait que ce soit dit !

16:43 Publié dans Sociologie de bazar | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : edgar morin, stéphan hessel, modialisation, socialisme, résistance, sociologie de bazar
06.03.2012
L'art d'ignorer les pauvres - 2/3 - J. K. Galbraith
John Kenneth Galbraith, né en 1908, économiste, professeur à Princeton en 34, travaille pour le gouvernement US jusqu’en 49, année à laquelle il retourne comme professeur d´économie à Harvard. Keynésien convaincu, économiste le plus lu au XXème siècle, en 1968, son ouvrage « Le nouvel État industriel » (Gallimard) dénonce le pouvoir grandissant des managers et de la technostructure des grandes entreprises. Son article résumé ici fut écrit en 1984 et réédité dans le Monde Diplomatique et demeure (à l´instar du Capital de Marx) très visionnaire et toujours malheureusement d´actualité.
Pour l´auteur, il est important pour l´être humain de s´épargner toute mauvaise conscience au sujet des pauvres. Et pour cela l´histoire nous offre les exercices humains de cette attitude :
Plutarque affirmait que «le déséquilibre entre les riches et les pauvres est la plus ancienne te la plus fatale des maladies des républiques».
Dans la bible : les pauvres souffrent en ce bas monde, mais ils seront magnifiquement récompensés dans l´autre. Cette solution admirable permet aux riches de jouir de leur richesse tout en enviant les pauvres pour leur félicité dans l’au-delà.
Jeremy Bentham (1748-183a2), inventa une formule qui eut une influence extraordinaire sur la pensée britannique et aussi, dans une certaine mesure, sur la pensée américaine pendant 50 ans : l’utilitarisme. «Par principe d’utilité, écrivit Bentham en 1789, il faut entendre le principe qui approuve ou désapprouve quelque action que ce soit en fonction de sa tendance à augmenter ou diminuer le bonheur de la partie dont l’intérêt est en Jeu.» La vertu est, et même doit être, autocentrée.
En 1830, David Ricardo (1772-1823) et lu pasteur anglican Thomas Robert Malthus (1766-1834) : si les pauvres sont pauvres c´est leur – cela tient à leur fécondité excessive.
Le «darwinisme social»,», associé au nom d’Herbert Spencer (1820-1903). Pour ce dernier, dans la vie économique comme dans le développement biologique, la règle suprême était la survie des plus aptes, expression que l’on prête à tort à Charles Darwin (1809-1882). L’un des plus notables porte-parole américains du darwinisme social fut John D. Rockefeller, le premier de la dynastie, qui déclara dans un discours célèbre : «La variété de rose « American Beauty » ne peut être produite dans la splendeur et le parfum qui enthousiasment celui qui la contemple qu’en sacrifiant les premiers bourgeons poussant autour d’elle. Il en va de même dans la vie économique. Ce n’est là que l’application d’une loi de la nature et d’une loi de Dieu. »
Au cours du xxème siècle, Lui succéda un déni plus amorphe de la pauvreté, associé aux présidents Calvin Coolidge (1923-1929) et Herbert Hoover (1929-1933). Pour eux, toute aide publique aux pauvres faisait obstacle au fonctionnement efficace de l’économie.
Un mécanisme de déni psychologique :
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Incompétence publique
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Toute forme d’aide publique aux indigents serait un très mauvais service à leur rendre.Elle détruit leur moral. Elle les détourne d’un emploi bien rémunéré. Elle brise les couples, puisque les épouses peuvent solliciter des aides sociales pour elles-mêmes et leurs enfants, une fois qu’elles se retrouvent sans mari.
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L´aide publique a un effet négatif sur l´initiation à travailler. Elles opèrent un transfert de revenus des actifs vers les oisifs et autres bons à rien, et, de ce fait, découragent les efforts de ces actifs et encouragent le désœuvrement des paresseux.
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La liberté, c’est le droit de dépenser à sa guise, et de voir l’État prélever et dépenser le minimum de nos revenus. Ici encore, le budget de la défense nationale mis à part. Pour Milton Friedman « les gens doivent être libres de choisir»
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Enfin, quand tous les raisonnements précédents ne suffisent plus, il reste le déni psychologique. Il s’agit d’une tendance psychique qui, par des biais variés, nous conduit par exemple à éviter de penser à la mort.
La compassion, assortie d’un effort de la puissance publique, est la moins confortable et la moins commode des règles de comportement et d’action à notre époque. Mais elle reste la seule compatible avec une vie vraiment civilisée.

J.K. Galbraith
16:40 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : galbraith, hoover, friedman, malthus, coolidge, bentham, spencer, rockfeller, darwin
03.03.2012
Céline Vivant
Un superbe coffret nous offre l'occasion d'entendre et de voir Céline lors d'entretients télévisés, mais également les entretients de plusieurs de ses conteporains et proches, parlant, se confiant à propos de l'homme, de l'écrivain, de l'ami, sous l'oeil et la verve attentive d'un Michel Polac, respectueux et joueur. C'est aussi l'occasion d'entendre Michel Audiard déclamer son admiration pour le maudit tout en traitant de "connards" ses détracteurs. Les analyses fines, lettrées et érudites d'un Dominique de Roux qui partira trop tôt maheureusement, laissant son Herne toujours vivace. Le peintre Gen Paul, Madame Céline Almanzor, pleine d'amour et de nostalgie, et bien d'autres comme les réalisateur Jean Renoir... Bref un moment d'émotion, le son, l'atmosphère noir et blanc à l'époque où les journalistes écoutaient les réponses à leurs questions, les salons enfumés, pour parler de livres, de littérature, et de génies maudits.

Plus de renseignement sur le DVD ICI
22:31 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : céline, entretients, dvd
02.03.2012
Les arrière-cours de Céline, avec vue sur la nuit
Les arrière-cours, c’est les oubliettes des maisons en série. J’ai eu bien du temps à moi pour la regarder la mienne d’arrière-cour et surtout pour l’entendre.
Là viennent chuter, craquer, rebondir les cris, les appels des vingt maisons en pourtour, jusqu’aux petits oiseaux des concierges en désespoir qui moisissaient en pépiant après le printemps qu’ils ne reverront jamais dans leurs cages, auprès des cabinets, qui sont tous groupés les cabinets, là, dans le fond d’ombre, avec leurs portes toujours déglinguées et ballantes. Cent ivrognes males et femelles peuplent ces briques et farcissent l’écho de leurs querelles vantardes, de leurs jurons incertains et débordants, après les déjeuners du samedi surtout. C’est le moment intense dans la vie des familles. Avec la gueule on se défie et des verres plein le nez, papa manie la chaise, faut voir, comme une cognée, et maman le tison comme un sabre I Gare aux faibles alors ! C’est le petit qui prend. Les torgnoles aplatissent au mur tout ce qui ne peut pas se défendre et riposter : enfants, chiens ou chats. Dés le troisième verre de vin, le noir, le plus mauvais, c’est le chien qui commence à souffrir, on lui écrase la patte d’un grand coup de talon. Ca lui apprendra à avoir faim en même temps que les hommes. On rigole bien à le voir disparaitre en piaulant sous le lit comme un éventré. C’est le signal. Rien ne Stimule les femmes éméchées comme la douleur des bêtes, on n’a pas toujours des taureaux sous la main. La discussion en repart vindicative, impérieuse comme un délire, c’est l’épouse qui mène, lançant au mâle une série d’appels aigus å la lutte. Et après ca c’est la mêlée, les objets cassés se morcellent. La cour recueille le fracas, l’écho tourne autour de l’ombre. Les enfants dans l’horreur glapissent. Ils découvrent tout ce qu’il y a dans papa et maman! Ils attirent sur eux la foudre en gueulant.
Je passais bien des jours à attendre qu’il arrive ce qui arrivait de temps à autre au bout des séances ménagères.
C’est au troisième, devant ma fenêtre que ca se passait,´dans la maison de l’autre coté.
Je ne pouvais rien voir, mais j’entendais bien.
Il y a un bout å tout. Ce n’est pas toujours la mort, c’est souvent quelque chose d’autre et d’assez pire, surtout avec les enfants.
Ils demeuraient là ces locataires, juste à la hauteur de la cour où l’ombre commence à pâlir. Quand ils étaient seuls le père et la mère, les jours ou ca arrivait, ils se disputaient d’abord longtemps et puis survenait un long silence. Ca se préparait. On en avait après la petite fille d’abord, on la faisait venir. Elle le savait. Elle pleurnichait tout de suite. Elle savait ce qui l’attendait. D´après sa voix, elle devait bien avoir dans les dix ans. J’ai fini par comprendre après bien des fois ce qu’ils lui faisaient tous les deux. Ils l’attachaient d’abord, c’était long à l’attacher, comme pour une opération. Ca les excitait. « Petite charogne » qu’il jurait lui. « Ah I la petite salope ! » qu’elle faisait la mère. « On va te dresser salope ! » qu’ils criaient ensemble et des choses et des choses qu’ils devaient imaginer. Ils devaient l’attacher après les montants du lit. Pendant ce temps-là, l’enfant se plaignotait comme une souris prise au piège. « T’auras beau faire petite vache, t’y couperas pas. Va ! T’y couperas pas ! » Qu’elle reprenait la mère, puis avec toute une bordée d’insultes comme pour un cheval. Tout excitée. « Tais-toi maman, que répondait la petite doucement. Tais-toi maman ! Bats-moi maman ! Mais tais-toi maman ! » Elle n’y coupait pas et elle prenait quelque chose comme raclée. J’écoutais jusqu’au bout pour être bien certain que je ne me trompais pas, que c était bien ca qui se passait. Je n’aurais pas pu manger mes haricots tant que ca se passait. Je ne pouvais pas fermer la fenêtre non plus. Je n’étais bon à rien. Je ne pouvais rien faire. Je restais à écouter seulement comme toujours, partout. Cependant, je crois qu’il me venait des forces à écouter ces choses là, des forces d´aller plus loin, des drôles de forces et la prochaine fois, alors je pourrais descendre encore plus bas la prochaine fois, écouter d´autres plaintes que je n’avais pas encore entendues, ou que j’avais du mal å comprendre avant, parce qu’on dirait qu’il y en a encore toujours au bout des autres des plaintes encore qu´on n’a pas encore entendues ni comprises.
Quand ils l’avaient tellement battue qu’elle ne pouvait plus hurler, leur fille, elle criait encore un peu quand même à chaque fois qu’elle respirait, d’un petit coup.
J’entendais l’homme alors qui disait à ce moment-là : « Viens-toi grande ! Vite ! Viens par là ! » Tout heureux. C’était à la mère qu’il parlait comme ca, et puis la porte d’à coté claquait derrière eux. Un jour, c’est elle qui lui a dit, je l’ai entendu : « Ah ! Je t’aime Julien, tellement, que je te boufferais ta merde, même si tu faisais des étrons grands comme ca… »
C’était ainsi qu’ils faisaient l’amour tous les deux que m’a expliqué leur concierge, dans la cuisine ca se passait contre l’évier. Autrement, ils y arrivaient pas.
C’est peu à peu, que j’ai appris toutes ces choses-là sur eux dans la rue. Quand je les rencontrais, tous les trois ensemble, il n’y avait rien à remarquer. Ils se promenaient comme une vraie famille. Lui, le père, je l’apercevais encore quand je passais devant l’étalage de son magasin, au coin du boulevard Poincaré, dans la. Maison de « Chaussures pour pieds sensibles » ou il était premier vendeur.
Voyage au bout de la nuit, Céline, 1932, p 265.

36 rue d´Alsace, Clichy (92)
Adresse du cabinet du Docteur Ferdinand Destouches
15:42 Publié dans La nuit | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : céline, cabinet docteur destouches, clichy, rue d´alsace
28.02.2012
Voyage au bout de la nuit - Céline
Le voyage au bout de la nuit est LE chef d´œuvre littéraire du siècle dernier. C´est ainsi, la discussion n´est pas ouverte. Ensuite le Voyage n´a pas obtenu le prix Goncourt, mais le Renaudot (Nabe n´a pas obtenu le Renaudot avec « L´homme qui cessa d´écrire » Pourquoi suis-je en train de parler de Nabe ? parce que je parle de Céline peut être). Bien, troisième point : Céline était antisémite. Ah l´antisémitisme, cette tare qui permet de ne pas dialoguer, d´ostraciser, de cacher, d´occulter, de stigmatiser et enfin de tuer sans procès un peu comme le tribunal de Nuremberg (qui a instituer au passage le meurtre légalisé pour délit d´opinion – enfin c´est un autre débat, bien houleux du reste).
Donc l´œuvre ne peut être prise sans l´auteur, c´est à dire que lorsque qu´on lit, qu´on attaque ou défend, qu´on pense le Voyage, c´est Céline qu´on lit, défend ou attaque, qu´on pense. Et penser Céline c´est visionner une immense fresque, le radeau de la méduse, c´est à dire complexe, grande, trop grande peut-être, chargée et obscure, détaillée, puissante et qui ne saurait laisser insensible. Lire le Voyage nous fait parcourir le monde de la première moitié du 20èmesiècle. Ce siècle des totalitarismes va voir naître le chef d´œuvre littéraire total, artistique, viril. Le médecin Destouches commencera son récit sous les traits du soldat Bardamu des tranchés, puis blaissé, délirant dans la chair à canon, il voulait trouver un nouveau souffle et la guerre va le lui couper. Puis c´est le retour place Clichy, puis l´Afrique coloniale, puis New York et les femmes, Lola, Musyne, Molly, Sophie, toujours les femmes en fait, d´ailleurs la fameuse Elizabeth Craig en est sa dédicataire. Elle témoignera en 1988 de sa relation d´avec l´auteur, qu'elle quita sans laisser d'adresse, hormis une souffrance, comme la cicatrice que tout homme porte dans son ventre ou ses veines. Les descriptions de Céline du monde qui l´entoure sont superbes, souvent poignantes, picturales car j´avais personnellement souvent l´impression d´admirer des toiles de Bosch. La liquidité des naturalistes qui n'envie rien à Hamsun. Des fous des tranchés à l´asile où il exerça il reste l´acteur/observateur fondamental, à fois distant et présent, il est distingué dans un monde boueux. La boue est là dans ce roman liquidien, il coule comme l´huile du tableau, comme la Seine omni présente dans ses passages à Paris, son fleuve, son Stix. L´épaisseur des personnages, les plus minables, les plus petits, font le style unique de l´auteur puisqu´il replace les sans-grades sans les magnifier au centre de la vie, qu´il exercre par sa vulgarité mais qu´il considéra toujours comme l´essence de la vie, de la nuit. Son monde n´est pas celui de Saint-Germain des près, pas de rêve, du réel, du naturalisme pure jus, avec le génie du récit, d´un Bébert qui meurt au près de sa mère au Robinson, le raté minable qui suit Céline comme la mort ou son épouvantail, finissant sa misrable vietroué dans un taxi, ne sachant faire que gindre et s´étendre en jérémiades. Il n´y a pas un passage du Voyage qui ne respire le travail intense, et on comprend mieux les mots de Céline qui disait "mettre sa peau" sur son établi lorsqu´il écrivait, et sa femme qui décrivait l´état d´épuisement après 6 heures de travail dans son bureau. Céline disait que tout n´était que travail et style, ce qui bien sûr est faux car quand on a lu le Voyage, on devine que le style est là et le contenu est puissant et beau, mais le génie est là aussi, en effet au delà de ces considérations, l´auteur est d´une sensibilité à fleur de peau alliée à une paranoïa qui en découle.


Céline, Lucette et Bébert
16:13 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : céline, louis ferdinand destouches, bardamu, elizabeth craig, voyage au bout de la nuit, nabe
25.02.2012
De la peinture norvégienne du 19ème - Krohg, Heyerdahl et Munch
3 exemples de peintres norvégiens naturalistes ayant travaillé sur les mêmes sujet avants, ici l'enfant souffrant ou mourrant. Naturalisme que Munch durant le 20ème ne dévienne le pionnier de l'expressionisme. Un exemple de naturalisme littéraire norvégien trouve son apogée avec Knud Hamsun (voir post ICI). En effet Hamsun nous décrit dans son chef d'oeuvre Faim le décor de Kristiania 5aujourd'hui Oslo) et les peintres ci-dessous se sont inspiré de ces mêmes décors.

Christian Krohg (1852 - 1925)
Det syke barn, 1881

Hans Olaf Halvor Heyerdahl (1857 - 1913)
Det døende barn, 1881

Edvard Munch (1863 - 1944)
Det syke barn, 1896
21:33 Publié dans Peinture | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : krohg, heyerdahl, munch, naturalisme, impressionisme, norvège
23.02.2012
L'art d'ignorer les pauvres - 1/3 - Serge Halimi
Je voyage récemment en France, du reste à Nice, récemment rattachée à la France (1860), et ces courts déplacements, disons deux heures de vol, sont l’occasion de s’isoler à 10 000 pieds, pas de signal mobile, pas d’internet, donc un moment de détente. Cependant pou profiter à plein de ce moment de détente un livre est la parfaite formule. Cependant j’aime arriver au bout d’un voyage en ayant bouclé un bouquin. Dans ces petits « fast book » tel « relay » j’ai acheté deux petits livres, l’un du Monde Diplomatique, l’autre de chez Fayard où deux ancêtres s’épanchent la triste vie contemporaine (Hessel & Morin). C’est d’ailleurs étonnant quand on lit ces deux auteurs, leurs mots sonnent comme leurs hésitations.
Ici j’aimerais me pencher sur le très bon (et petit) livre du Monde Diplomatique « L’art d’ignorer les pauvres » de J. K. Galbraith augmenté « Du bon usage du cannibalisme » de Swift, d’une très intéressante introduction de Serge Halimi et enfin de l’article « Economistes en guerre contre les chômeurs » de Laurent Cordonnier.
Dans cette première partie je me pencherais sur la préface de Serge Halimi.
Serge Halimi, directeur du Monde Diplomatique, Docteur en Sciences Politiques de Berkeley, journaliste, écrivain, s’était penché sur les liens entre journaliste et hommes politiques dans « Les nouveaux chiens de garde », inspiré des "chiens de garde" de Nizan. Je ne parlerais pas du mensuelqu'il dirige, seulement pour dire que je ne suis pas aficionados, probablement en raison de Alain Gresh, et du fait que beaucoup de Français nés à l’étranger, de parents non français commentent les relations internationales de la France, ils en ont le droit comme moi de n'apprécier que d'un oeil circonspect.
Cependant, la préface en substance introduit les propos de Galbraith de la façon suivante, selon le journal « The Economist » dans un article publié en 2010 soulignait la théorie du retour à l’emploi selon les deux alternatives que sont :
- Rendre inconfortable ou précaire la vie de ceux qui reçoivent les allocations chômages et qui demeure la stratégie des libéraux depuis 30 ans.
- Offrir la perspective d’un emploi qui deviendrait viable et attirante.
Cependant nous savons, voyons, ressentons, vivons et souffrons tous les jours de la triste réalité qui montre des salaires en baisse constante ainsi qu’une pénibilité et un stress, eux, en augmentation. Ajoutés les 10% de chômage endémique et nous réalisons sans grande analyse l’impossibilité de rendre attractive la perspective d’un emploi. Il reste dès lors un boulevard pour les théoriciens libéraux de déployer la stratégie n°1. Et c’est cela que Serge Halimi relate brièvement mais de façon concise en rappelant à travers l’histoire moderne les quelques témoignage de cette triste industrie :
- 1766 :Discours de Benjamin Franklin en France où il est dit en substance que l’avarice devient ainsi une forme intellectuellement avancée de générostié humaine voire, osons le mot d’aide sociale.
- 1984 : la convention démocrate aux USA et le discours de Mario Cuomo puis celle des républicains avec Phil Gramm un mois plus tard.
- Septembre 2006 : le Point relatant les avantages d’être pauvres
- Et enfin le Fig Mag de Juin 2011 avec son numéro sur la France des assistés.
Serge Halimi essaye de nous montrer que cette théorie et stratégie désastreuse pur la société, qui ne propose le bonheurs qu’a une infime partie est en réalité à l’œuvre depuis plusieurs siècle désormais.

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22.02.2012
Le dernier Marc-Edouard Nabe
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12.02.2012
P.S. Krøyer - Hip, hip, hurra & Bordet dækkes (1887)

Bordet dækkes. Skiste. (1887)
11:29 Publié dans Peinture | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : kroyer, hip hip hurra, mesa en el jardin, danemark
09.02.2012
De la dialectique chez les hommes de pouvoir
Je me penche ici sur la dialectique des Hommes de (tout) pouvoir et présents dans les médias.
Je tombe récemment sur un entretient avec Monsieur Mélenchon sur RMC qui se voit questionner par un auditeur sur son appartenance à la franc-maçonnerie. Notre tribun n´apprécie guère la question qui doit être en effet occultée par les initiés qui se doivent de respecter le secret. En effet le socialiste n´aime pas qu´on mette sur la place publique ses pratiques spirituelles d´ordre privé qui peuvent traduire une adoration du grand architecte de l´univers. Dit comme ca on imagine très vite les francs maçons un peu comme des Élohims ou des témoins de Jehovas. Cependant l´homme aux dents d´acier vient rappeler ce que la franc-maçonnerie apporte à la société tous les jours, et la définie rapidement comme une source de lumière contre l´obscurantisme ambiant. Bon certes le secret est un pilier de l´organisation (gouvernementale ?) mais elle sert le bon peuple, qui n´a cure des symboles, des têtes de morts et tutti quanti. En effet cette organisation secrète qui s´enquiert de l´intérêt commun s´est notamment manifestée pendant le siècle des lumières. Après la période noire des croyances surnaturelles de l´autre bord, la franc-maçonnerie a replacé l´Homme au centre de l´existence, en fait le sens de la vie (questionné notamment par les Monty Python) ne doit être vu qu´au travers le prisme de l´Homme Dieu. Cependant ces mots placés un peu n´importe comment et n´importe quand doivent cependant être relevés car ils interpellent : « l´Homme au centre de tout » - « apporter la lumière ». Pourquoi ne pas questionner dans ce cas Monsieur Mélenchon sur le propos, voir le sens de ces deux points. Car le porteur de lumière qui met l´Homme au centre du monde n´est pas très Catholique de mémoire.
quelques stoïciens célèbres:

Sénèque

Épictète

Marc Aurèle

J-L. Mélenchon
Les guerres du vingtième siècle, siècle de l´Homme Dieu par excellence, témoignent s´il en faut d´une grande capacité de l´Homme à détruire son prochain. Pourquoi ne tend-t-il pas l´autre joue naturellement si la religion n´apporte pas le bonheur ? Diable, que ces messieurs sont magnanimes envers la déesse aux cent bouches.
Jean-Luc Mélenchon est aussi un stoïcien (voir débat avec Emmanuel Todd), et nous renvoie à notre dictionnaire, disons ceux qui ne sauraient pas définir le mot, en fait il prend légèrement le bon peuple pour une équipe de footballeurs. Mais jetons un coup d´œil à Wikipédia dans ce cas :
« Le stoïcisme est une école philosophique de la Grèce antique, fondée par Zénon de Citium en 301 av. J.-C. C'est par la suite un courant philosophique hellénistique qui a traversé les siècles, subi des transformations (notamment avec Chrysippe en Grèce et à Rome avec Cicéron, Sénèque, Épictète, Marc Aurèle), puis exercé diverses influences, allant de la période classique en Europe (en particulier au XVIIe siècle, chez René Descartes) jusqu'à nos jours.
Cette philosophie exhorte à la pratique d'exercices de méditation conduisant à vivre en accord avec la nature et la raison pour atteindre la sagesse et le bonheur envisagés comme ataraxie (absence de passions qui prend la forme d'une absence de souffrance). On entend en effet par stoïcisme une attitude caractérisée par l'indifférence à la douleur et le courage face aux difficultés de l'existence. »
Monsieur Mélenchon travaille dure son indifférence à la douleur et développe son courage face aux difficultés de l´existence.
17:18 Publié dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : mélenchon, stoïcisme, dialectique, médias
07.01.2012
L'écume des jours - Vian
Pas de bonne année de ma part puisque cette perspective m'est tout à fait étrangère depuis ma récente naissance, so what? Parlons littérature, et dans la série premier roman "l' écume des jours" écrit au sortir de la seconde guerre mondiale et par un auteur qui pourrait être qualifier (selon mon humble avis bien sûr) de "bobo"; terme aujourd'hui dépourvu de tout sens, la preuve prenez deux voir même un de vos amis et essayer à vous deux de trouver une définition à ce terme. Bref comme dit l'autre, le bonobo germanopratin Boris Vian, qui du reste vécu comme un malheureux d'échec en échec, est pourtant aujourd'hui adulé, car en effet très en avance sur son temps, très visionnaire dans l' autre monde stylistique tant honnis par certains; et pourtant, et pourtant. Il y a en effet un parfum de cave et de nègres soufflant forts dans leur trombone, au travers des pages de Boris Vian. Quelle belle surprise encore dans le patrimoine de la littérature Française. Et merde, soyons honnête, quel superbe roman, quel vocabulaire, quelle syntaxe - du point parfaitement formel du style, mais pour tout dire ce qui rend intemporel Vian, ce n'est pas sa maniement de la langue Française qui ne ferait guère d'ombre à des Rivarol ornais des fleurons de Radiguet, mais à plutôt ce côté tout à fait décaler déjà citer récemment au sujet de Godot, et oui en effet, le jazz germanopratin a bien sacrifié sur l'autel du strass et des paillette l'absurde qui parfume l'écime des jours, et il en faut des couilles pour te balancer de l'absurde teinter de mort des amis, de la bien aimée, de la justice dite "sociale" aujourd'hui, certes; et oui l'absurde m'a tout à fait percuter, pourquoi? Parce qu'il offre la possibilité d'une imagination aujourd'hui relayer aux chiottes, "tout et tout de suite' dit l'africain rançonneur, mais pas pour Boris Vian qui nous offre la condition nécessaire à réfléchir non pas sur des questions théologiques ou même d'ordre philosophe voir géopolitique, mis lorsqu'il écrit que le personnage après son bain perce un petit trou dans la baignoire pour en vider l'eau, c'est tout à fait réjouissant pour notre maigre cerveau, en réalité, lire Vian m'était comme écouter Brel, le sirop de l'enfance teinté d'un espace vierge d'image. Une souris qui marche avec des béquilles c'est piur mon esprit des vagues rochers que la marée dépasse ou encore de l'Italie qui descendrait l'Escaut. U premier roman qui révèle un esprit florissant, des mots qui roulent dans la bouche; des images qui transporte vers des contrées inexplorées; un roman qui donne envie de sortir et fumant sur les bords de Seine. C 'est Boris Vian qui me fait penser la France et quelque part la regretter.

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30.11.2011
Indignez-vous! - Stéphane Hessel
J´ai acheté cette brochure dans une petite boutique française à Copenhague (qui n´est pas en Suède, pour les plus érudits) et qui fait à la fois office de librairie/salon de thé/réparateur de machines à café. Ce petit feuillet se trouvait sur le comptoir à côté des sucettes et des spéculoos (ces derniers sensés représenter la France, car dans « France » il y a « rance »), et c´est bien de cela qu´il s´agit avec l´opuscule de Hessel, un gateux aux saveurs de quenelles qu´on associe à la France et qui pourtant vient d´ailleurs. J´ai dû après avoir « lu » ce résumé d´un commencement d´idée me rendre à l´évidence qu´il avait été écrit par un homme plein de cette bille qui rend en effet amères les vieilles personnes trop longtemps mises en contact de l´Humanité bien crasseuse - et je ne leur en veux pas, bien heureusement. Un petit tour sur sa biographie trouvée sur le net, et il apparaît que le personnage est bien étrange, tout en couleur tout en étant en même bien sombre, et il l´est bien plus encore que lesrqisons qui ont fait un tel succès de ces quelques lignes aussi écœurantes que ces pâtisseries dégoulinantes de calories et saturées de sucre qui rendent finalement intolérable l´expérience gustative à toute personne qui n´aurait pas encore perdu ce sens. Ces quelques lignes disais-je servent de prétexte à cette nouvelle catégorie de citoyens à s´étiqueter "indignés" AOC pour des sujets qui pour tou un chacun ne requièrent certainement pas de planter un tante sur la plaza del sol à Madrid.. Troublante est cette vieille feuille, il mériterait une petite enquête journalistique voir d´étudiant en journalisme made in Science Popo mais on sait bien qu´il n´en sera rien. Je pense dès lors au facteur de Neuilly qui n´a jamais suscité une simple petite recherche sur la vie réelle de cet autre étrange personnage public. Parfois comme le disait Chirac « plus c´est gros et plus ca passe ». Il en va ainsi pour ce phénomène libraireticide et pour expliquer les étranges zones d´ombre de son CV notamment pendant la guerre, l´intéressé se contente de souligner la chance qui l´a accompagné durant plus de 90 ans. Étonnant, mais c´est ainsi, tout le monde s´accorde à souligner l´incroyable chance de ce personnage qui a éviter la mort en sifflant. Personnellement je ne crois pas en la chance, du reste pas 2 fois de suite dans une période qui certes mériterait d´être sérieusement définie mais qui pour le moment se résumerait à disons quelques mois d´intervalle. Et pourtant le personnage s´en va des camps de concentration comme du marché de Brive-la-Gaillarde, ne témoigne qu´un mépris juste souligné d´un sourire légèrement dédaigneux au typhus qui tue à peu prés tout le monde autour de lui. Il est en réalité entouré d´une aura, d´un champ magnétique qui le protège de tout et surtout de la curiosité de ses contemporains. De hautes fonctions, diplômate mondialiste, un train de vie assez exceptionnel tout au long de sa carrière et même après, des femmes, du souffre, bref un homme comme on n´en crée pas tout les jours dans les couloirs du mondialisme. Quant aux quelques feuilles triple épaisseur de son feuillet dont je regrette pourtant le manque d´absorption (des feuilles), elles flottent désormais dans les limbes dans ce qu´il est désormais admis d´appeler des conduits de canalisation et qui je l´espère ne réapparaitront pas au détour d´un débouchage de chiottes. Juste pour la forme, notre Grand Piétre chanceux insiste bien sur le fait qu´il faut tous chercher un thème, quelque chose qui nous agace, le papier peint de sa chambre pour les ados, ou le sors des malheureux palestiniens pour les autres ados qui ont un papier peint acceptable, n´importe quelle raison en fait, on s´en fou, et qu´on s´indigne, qu´on le vive « a donf » ce combat. Bon il nous donne quand même quelques idées si on ne voit pas très bien à quoi s´accrocher, disons le sors des pauvres palestiniens dont les enfants meurent sous les gaz pesticides des militaires fascistes qui montent des murs de la honte de l´autre côté, ceux que l´on ne nomme pas. Et si on le prenait au mot et qu´on allait avec les indignés qu´on trouvera bien autour de soi, former un comité anti-pantalons moule burnes roses, ou anti-viande de poulet industrielle, anti-amateurs de fistfucking, ou même encore les indignés des vieux qui cassent les couilles avec leurs airs d´avoir tout vu et à qui on ne la fait. 2011 c´était "indignez-vous!", c´est un ordre! On a les années qu´on mérite.

KATHE KOLLWITZ
Poverty, Etching & Drypoint, Statliche Kunstsammlungen Dresden (1893-94)
« Aux jeunes, je dis : regardez autour de vous, vous y trouverez les thèmes qui justifient votre indignation. »
14:22 Publié dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : indignez vous, indignés, stéphane hessel, indigènes
18.11.2011
Le tour du monde en quatre-vingts jours - Jules Verne
J´ai toujours eu un profond respect pour Jules Verne, d´abord parce que ses récits sont « extraordinaires » ensuite parce que c´est un grand ambassadeur de la langue française à l´étranger et même un grand ambassadeur de la France. Il est considéré comme un visionnaire, génial, car décrivant précisément des aventures tout à fait inimaginable à cette époque. Scientifiquement il tenait la route, niveau littéraire je le trouve passionnant à lire donc réellement un grand écrivain et pourtant en France, comme à notre habitude, un grand homme, un immense succès, un personnage hors norme en réalité, il est brocardé, considéré comme un sous écrivain. Bon c´est vrai qu´il a investi le champ de l´anticipation qui est considéré comme de la merde en boîte par la chienlit écrivaine française. J´ai donné mes impressions du sacro saint « Bonjour tristesse », et Le tour du mondem´a fait un bien fou. Et bien moi je dis que je suis fier qu´un tel personnage est français, provincial du reste. Cet excellent livre, nous fait voyager, et ca c´est ca c´est un point non négligeable d´un livre, certes on ne voyage pas au bout de la nuit, mais ca fait du bien un peu d´aventure, en plus à l´anglaise, façon Lipton Yellow, narré par un français visiblement anglophile, et on ressent toute ces tension d´avec les yankees, les anciennes colonies indiennes, bref, même aujourd´hui c´est frais, même après Spielberg c´est de l´aventure où on peu rêver. Ce livre fut un feuilleton littéraire à l´origine, et le format le permet tout à fait, et j´aime ce romantisme aventurier, virile mais correcte comme on dit dans le monde du rugby. Une certaine délicatesse de l´homme de raison qui conservait encore une brutalité sous poudrée de courtoisie. Car c´est aussi de la courtoisie dont il est question au travers des traits très londoniens de notre Phileas, flegmatique aventurier, rien à perdre, hormis son honneur. En fait ce post suit très bien celui des samouraïs, rien n´est plus haut que l´honneur. D´une femme sauvée des extrémiste ou de son seigneur que l´on servira jusqu´à la mort. Longue vie à Jules Verne, un grand écrivain injustement disqualifié. Si quelqu´un possède un élément de réponse, je l´invite à nous en faire partager ses idées.


Jules Verne
« Passepartout, réveillé, regardait, et ne pouvait croire qu'il traversait le pays des indous dans un train du Great Peninsular Railway. Cela lui paraissait invraisemblable. Et cependant rien de plus réel! La locomotive, dirigée par le bras d'un mécanicien anglais et chauffée de houille anglaise, lançait sa fumée sur les plantations de cotonniers, de caféiers, de muscadiers, de girofliers, de poivriers rouges. »
17:08 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : jules verne, aventure







